L'Impact
Le silence est la première chose que vous remarquez. Un silence glacé, seulement interrompu par le sifflement du vent contre la carcasse déchirée de l'avion. Vos poumons brûlent à chaque inspiration. Autour de vous, la toundra blanche s'étend à l'infini. Le soleil bas à l'horizon ne vous réchauffera pas. Vous devez bouger.
Le vent se lève, portant avec lui des cristaux de glace qui coupent votre visage. Vous trouvez une couverture thermique déchirée et quelques barres de céréales, mais rien qui puisse vous aider à long terme. Vous apercevez une chaîne de montagnes au loin. C'est là que se trouve la station météo.
Chaque pas dans la neige profonde demande un effort colossal. La fatigue commence à peser sur vos membres, mais votre corps frissonne violemment, une réaction de défense contre le froid qui s'infiltre sous vos vêtements.
Vous tombez sur une mare d'eau gelée sous la neige fine. La glace craque dangereusement. Rebrousser chemin prendrait des heures, mais traverser est risqué.
La forêt offre un répit contre le vent, mais l'ombre est encore plus glaciale. Vous entendez un craquement dans les sous-bois. Quelque chose vous suit.
L'obscurité tombe rapidement. Sans lumière, vous ne pourrez pas voir où vous mettez les pieds. Vous trouvez une grotte peu profonde.
Au matin, vos articulations sont rigides. La grotte est couverte de givre. Sur une pierre, vous voyez des marques anciennes... quelqu'un a déjà été ici. Cela vous redonne de l'espoir, ou peut-être est-ce un avertissement.
Le terrain devient plus escarpé. Vous devez escalader une petite paroi rocheuse pour continuer vers le col. Vos mains sont presque insensibles malgré vos gants.
Arrivé au sommet, vous voyez une carcasse de renne. Les loups ne sont pas loin, mais la peau et un peu de graisse pourraient être vitales pour la suite de votre voyage.
Une tempête de neige massive éclate. La visibilité est nulle. Vous ne voyez plus vos propres mains. S'arrêter signifie mourir de froid, avancer signifie se perdre peut-être à jamais.
Après des heures d'errance, le vent se calme enfin. Vous êtes exténué, vos vêtements sont trempés par votre propre transpiration qui gèle instantanément. Vous voyez des traces de chenilles de motoneige.
Les traces vous mènent à un vieux dépôt de carburant abandonné. C'est rouillé et désert, mais protégé. Vous trouvez une boîte de conserve scellée.
La faim commence à provoquer des hallucinations. Vous voyez des lumières danser au loin. Est-ce l'aurore boréale ou les secours ? Votre esprit vacille entre réalité et rêve féerique.
Vous arrivez au bord d'une gorge spectaculaire. Un pont de bois suspendu semble être le seul moyen de passer. Il balance dangereusement sous le vent.
De l'autre côté, l'air semble encore plus rare. Vous gravissez les derniers mètres du col. Vos poumons sifflent. Le froid a atteint votre cœur. Vous trouvez un cadavre de voyageur... une radio est encore accrochée à sa ceinture.
Un louveteau blessé bloque votre chemin. Il geint de douleur. Sa mère n'est sûrement pas loin. Intervenir pourrait être votre fin, mais l'ignorer serait cruel.
Vos pieds sont comme des morceaux de bois mort. Le sang ne circule presque plus. Vous voyez enfin une antenne radio à l'horizon. C'est la station ! Mais la pente qui vous en sépare est glacée.
La station est à portée de vue, mais une dernière épreuve vous attend : un pont de neige au-dessus d'une crevasse profonde. Il semble sur le point de s'effondrer.
Vous êtes devant la porte blindée de la station. Elle est verrouillée par un code électronique. Le panneau de contrôle est à moitié gelé. Vous n'avez qu'un essai avant que le système ne se bloque.
La porte s'ouvre dans un grincement métallique. L'air chaud vous frappe de plein fouet. C'est presque douloureux. Vous voyez un téléphone satellite sur la console.